Flic ou Ninja
Ninja Champion

Flic ou Ninja

TITRE ORIGINAL

Ninja Champion
GENRE
Ninjas fluos
DURÉE
87 min
ANNÉE
1985
RÉALISATEUR
Godfrey Ho
PAYS
Hong Kong
COTE
-6 bien senti

SYNOPSIS
Quel dilemme, suis-je flic ou ninja?  La séquence des menottes est vraiment très cocasse!  Bon film douteux de ninja sur fond de "c'est personnel". En gros, Godfrey Ho de base et Stuart Smith qui fait trop bouger sa bouche quand il parle ne réinventent rien pendant 90 minutes. Fait notable : les explications du boss d’la fin, qui dit en gros que Ginette a dit a Bertrand que Conrad avait fourré le chien dans les affaires de René qui se retourna contre Hugo étant allé chez Cindy avant de se retourner contre Claude.  Et ça, dans l’univers des ninjas, ça ne se fait pas!

Lien imdb.com
Les leçons de Flic ou Ninja
Extrait 1 (14.0 Mo)
Extrait 1 (youtube)
Extrait 2 (6.36 Mo)
Extrait 2 (youtube)

TEXTE DE PRÉSENTATION
Si Les Exterminateurs de l’An 3000 de la semaine passée représentait très bien l a famille douteuse des Post-Apocalytiques/Sciences-Fiction, celui de cette semaine, Flic ou Ninja, est un exemple parfait d’une autre grande famille de douteux : les films d’Arts-Martiaux.  En plus, Flic ou Ninja est une réalisation de Godfrey Ho, produit par Joseph Lai.  Encore eux!
Je vous ai déjà parlé de Richard Harrison, acteur américain exilé en Italie puis naturalisé Hong-Kongais.  Cet ex mangeur de salade, body buildeur des années 50 a, début années 80, décidé de transférer sa carrière cinématographique en Asie du sud est.  Là, de 1983 à 1987 il a tourné 8 films pour Godfrey Ho et Joseph Lai.  10 ans plus tard, il apparaît au générique de plus de 20 de leurs films.  La beauté du truc, c’est que Ho/Lai réutilisaient des séquences des films passés dans leurs nouvelles productions.  Ainsi, la séquence de la 10ième minute durant laquelle Donald (Bruce Baron) parle à Gordon (Richard Harrison) au téléphone fut reconnue dans au moins deux autres films avec ‘ninja’ dans le titre.  On a qu’à doubler en anglais le dialogue anglais de Harrison pour faire revivre le ninja moustachu préféré de tous dans un autre film.  Permettant par le fait même de ne pas payer l’acteur international qui apparaît en premier au générique et de perdurer la légende du numéro 1 des ninjas fluos.  Bien sûr, Harrison a émit une opinion négative quant au traitement qu’il a reçu de la part des totems que sont Ho/Lai, opinion justifiée qui fait aujourd’hui jurisprudence dans la distribution de films.  Heureusement que la loi n’a été modifiée qu’après la traduction et distribution de la filière ninja immense qu’est celle de Ho/Lai.

On parle un peu du film.  Vous allez êtres surpris : l’histoire est impossible à suivre.  Du haut de mes centaines de scénarios épais, de mes milliers d’heures de douteux, de toutes ces questions que j’ai pu me poser en écoutant du cinéma de série B maximum, le constat final reste douteuloureusement le même : je n’y comprends de nada rien nothing.  Même après avoir écouté deux fois le monologue exhaustif et infernal de Maurice, le boss des méchants ninjas, joué par  Pierre Tremblay (oui, c’est un québécois spécialiste en arts martiaux qui s’est exilé à Hong-Kong en 1979 pour faire des films discutables) .  Rien à faire…Maurice a manipulé Gaston pour qu’il convainc Raoul, Gaetan et Ronald à violer Rose, la blonde de Georges, envoyé spécial d’interpol chargé d’aider Donald dans sa quête de Raynald le traficant de diamants.  Et c’est le début…  Un gars de Nanarland a réussit à monter ce graphique, la compréhension périclitant.  

En fait, ça m’amène à parler d’une autre stratégie cinématographique de Ho/Lai pour prendre leur public pour des caves.  Souvent, et quand je dis souvent je veux dire le contraire est rare, Joseph Lai se retrouvait avec des scénarios trop pauvres pour faire une heure et demie de film.  Croulant sous les scénarios trop pauvres, il décida, sans aucun égard pour le bon goût ou quelconque trace de respect pour les leçons du cinéma classique, de malaxer ensemble deux scénarios trop pauvres de 45 minutes pour en faire un de 90 minutes.  En conséquence, si vous trouvez que des raccords sont tout croches, que des personnages qui parlent au téléphone n’ont pas l’air de se parler l’un l’autre, qu’un personnage vous est catapulté sans renforts de background ou de justification, et que les ellipses temporelles vous donnent envies de vous en allez, c’est tout à fait normal, c’est Ho/Lai.
Donc, Flic ou Ninja, c’est du -6, note honorable mais dans les moins basses proposées pour les visionnements.  Ça s’explique surtout parce que les séquences d’actions sont très diluées.  C’est plutôt dans les dialogues que se trouve le questionnement…Laissez-vous bercer au son des vengeance ci, vengeance cela; des ninjas ci, ninjas là.  Car, ce soir, vous êtes face à un Ho/Lai de 1985, pas celui qui a la meilleure moins bonne note, mais possiblement celui qui remporte la palme des dialogues sans queues ni tête.  Et, dans la poursuite de la variété que l’on promeut à Douteux.org, c’est important d’écouter, après un Post-Apocalyptique italien à l’esthétique divergent, un film tourné il y a 25 ans, dans une concession anglaise située de l’autre côté de la planète.  Un long métrage qui s’avère un mélange de deux moyens métrages qui n’ont aucun lien ensemble, sinon le mot vengeance.  On se doit d’écouter méthodiquement ce long métrage dans lequel l’acteur le plus reconnu n’est pas au courrant d’avoir joué et dans lequel le dernier boss est un acteur québécois possédé par le cabotinage et le suit fluo mandatoire.  Un long métrage aussi loin d’être unique qu’il est unique. 
Ce soir, dites vous que c’est une petite pause dans l’action et gardez l’esprit ouvert.  Dites vous que si cette semaine on vous a proposé de choisir entre du -5/-6, la semaine prochaine on frôle la tache collante qui se trouve dans le fond de la poubelle après qu’on aie enlevé le sac débordant d’immondices : vous allez pouvoir choisir entre un Ho/Lai débordant d’action : Ninja : Permis à Terminer, ou un film québécois mesdames et messieurs, le plus long de tous les longs métrages : Rogers Normandin dans la 4ieme dimension.